dimanche 4 décembre 2011

Le cas Sneijder


Jean-Paul Dubois. 
 Ed. de l'Olivier, 2011.
La vie de Paul Sneijder bascule le jour où il est victime d’un grave accident d’ascenseur. Cela lui coûte des blessures importantes et surtout la perte de sa fille Marie.
Il ne s’agit pourtant pas des mémoires d’un homme traumatisé mais celle d’un homme qui voit sa vie « sous un autre angle, une autre perspective ». Paul ouvre alors les yeux sur sa vie de couple gaché par l’autoritaire opportunisme de sa femme Anna qui prend un malin plaisir à diriger la vie de chaque membre de sa famille. Paul ne supporte plus les élans agressifs de cette femme, l’imbécileté de ses fils jumeaux. Pour ne pas s’appitoyer, notre héro décide de chercher un autre travail : il répond à une annonce de dogwalker (promeneur de chien). Malgrés l’opposition farouche d’Anna, Paul se lance dans cette carrière incongrue. Il va y trouver une certaine tranquilité, une horizontalité qui contre son traumatisme dû à l’accident d’ascenseur. La nuit, près des cendres de sa fille, Paul va se jeter à corps perdu dans l’étude sociologique, technique et architecturale des ascenseurs pour comprendre ce transport en commun qui a « inventé la verticalité ,les grandes orgues architecturales mais aussi toutes les maladies dégénératives qu’elles ont engendrées ».A la lecture du roman, les ascenseurs ne serait donc plus ce vulgaire objet du quotidien mais le symbôle de notre univers urbain décadant.
On retrouve ici le ton morose rehaussé d’une pointe d’humour de JP Dubois, avec en plus une petite touche de poésie et de philosophie.

Bertille Pampille

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